Florencia Cano Lanza : dates de tournée et revue de presse sur l'écume des jours

Vendredi 18 mars

L'écume des jours - Photo : La BouéeSpectacle Théâtre : L'écume des jours

Théâtre : L'écume des jours 
De Boris Vian 


L'écume des jours - Photo : La BouéeVendredi 18 mars à 20h30 - Espace Philippe-Auguste 

C'est l'histoire de Colin (Romain Vissol) qui tombe amoureux de Chloé (Florencia Cano Lanza). Colin  et Chloé se marient, mais un nénuphar pousse dans les poumons de Chloé et elle tombe malade. Chaque jour, leur appartement devient plus marécageux et obscur malgré la petite souris grise qui gratte les carreaux pour laisser passer le soleil... La jeune metteur en scène Béatrice de la Boulaye a fait le choix audacieux d'adapter le roman culte de Boris Vian.

En optant pour un ton franchement décalé, elle propose une adaptation scénique inventive et absurde à la frontière des univers du roman, du théâtre, du jazz, et du dessin animé... Au service de ce spectacle : un dispositif fait de gros cubes multicolores, des costumes de mousse rigide tels des Playmobils, une partition jazzy interprétée à vue par un musicien-bruiteur et une troupe de comédiens tour à tour narrateurs, acteurs ou improvisateurs. Un spectacle qui, pourtant, à travers le burlesque assumé, nous parle du passage de l'insouciante adolescence à l'âge adulte avec son cortège de désillusions et de douleurs. Un spectacle qui parle aussi bien à ceux qui sont sur l'une ou l'autre rive de l'abîme des générations.

Télécharger le programme de l'Espace Philippe-Auguste (1,73 mo)


Tarifs 
Plein :
 20 € 
CE : 18 € 
Réduit : 16 € 
Abonnés : 18 €, 14 € 
Groupes scolaires : 10 €


Réservations 
Espace Philippe-Auguste 
12, avenue Victor-Hugo 
27200 Vernon 
Tél. : 02 32 64 53 16

 

Le 22 et 23 mars en tournée au théâtre de Grasse

http://www.theatredegrasse.com/index.php?option=com_spectacles&detailsview=21

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REVUE DE PRESSE
L’ECUME DES JOURS
Mise en scène Béatrice de la Boulaye Compagnie La Bouée  théâtre Déjazet Du 3 mars au 11 avril 2009
Service de presse
Nicole Herbaut de Lamothe  Assistée de César Chabrol 3, rue d’Aumale – 75009 Paris   Tél.-Fax : 01 48 78 02 50
TELEVISION LCI – « Au Field de la Nuit »Diffusion 20mars à 19h10; 21 mars à 10h10; 22 mars à 16h10
RADIO France Culture « Jusqu’à la lune et retour » - 28 mars 2009 - Aline Pailler Invités : Béatrice de la Boulaye et Nicolas Guillot
Radio Campus « L’Extraballe » - 11 mars 2009 - Frédéric Invitée : Béatrice de la Boulaye
TSF Jazz « Coup de projecteur » - 9 mars 2009 - Thierry Lebon Interview : Béatrice de la Boulaye
Radio Soleil « Actualité du théâtre » - 25 mars 2009 – Chantal Ozouf Critique du spectacle
Fréquence Paris Plurielle « Act’heure » - 11 mars 2009 – Camille Feist Critique du spectacle
PRESSE ECRITE OPTION – Février 2009 – Vladimir Sartin VIAN CINQUANTE ANS APRES Il y a cinquante ans disparaissait Boris Vian (1920 – 1959), ingénieur de Centrale, inventeur, poète, parolier, chanteur, conférencier, scénariste, traducteur de l’anglais et de l’américain, critique, trompettiste de jazz ainsi que membre du collège de Pataphysique. Béatrice de la Boulaye marque le coup en montant L’Ecume des jours au Théâtre Déjazet. C’est l’histoire de Colin, qui veut être amoureux. Il se marie avec Chloé, mais elle tombe malade : un nénuphar pousse dans son poumon. •Jusqu’au 11 avril, 41 bd du Temple, 75003 Paris, Tél.-Loc. : 01 48 87 52 55
AFP et TV5 Monde – 21 février 2009 Deux spectacles pour les 50 ans de la mort de l'inclassable Boris Vian Il y a inquante ans disparaissait Boris Vian (1920-1959): sa mort a laissé le souvenir d'un éternel jeune homme au sourire lumineux et au talent inclassable, à la fois écrivain et musicien de jazz, que deux spectacles célèbrent à Paris jusqu'en mars et avril. (…) Au Théâtre Dejazet, Béatrice de la Boulaye présentera une adaptation théâtrale du livre de Boris Vian "L'écume des jours", "le plus poignant des romans d'amour contemporains" selon Raymond Queneau, qu'elle traite à la façon d'un jazz band, de façon à laisser aux interprètes
une part de créativité propre (3 mars-11 avril). (…) L'invention langagière de Boris Vian, que l'on retrouve dans "L'écume des jours" avec ses six héros interchangeables aux âmes d'adolescents, conserve un intact pouvoir de séduction avec son refus de toute figure de style, ses mots utilisés dans un sens détourné et ses créations
totales de mots. © 2009 AFP, Le Parisien – 19 mars 2009 – Caroline Andrieu, « L’Ecume des jours » se joue à Paris. Il fallait aimer la musique autant que Vian pour adapter son oeuvre phare, « L’Ecume des Jours », sur
la scène d’un théâtre. Béatrice de la Boulaye et son jazz band tentent l’exercice au Déjazet actuellement. Ils mêlent tous les genres pour rendre hommage à l’écrivain-compositeur et à son roman. Publié en 1947 chez Gallimard, l’histoire de Colin et Chloé n’a connu aucun succès du vivant de Vian. Il faut croire que les lecteurs n’étaient pas  encore prêts pour l’univers poétique et déroutant de l’artiste. Il y mettait en scène l’amour, la mort et la maladie de manière absurde, avec Colin, assez riche pour ne pas avoir à travailler pour un autre (le luxe suprême selon Vian) et Chloé, son amoureuse, dont les poumons sont rongés par un nénuphar. Leur appartement rétrécit au fil du récit et la lumière n’y entre plus, malgré les efforts d’une souris bienveillante. Qu’y avait-il à comprendre ? Que la vie est courte et dangereusement farceuse. Vian l’a prouvé, malgré lui, en s’éteignant à 39 ans. Du mardi au samedi à 20h30 au Déjazet, 41, boulevard du Temple, Paris IIIe. Places : 21,50€ ou 26,50€. Tél. 01.48.87.5.55.
L’Express – 21 mars 2009 – Christophe Barbier
Boris Vian est mort il y a cinquante ans, mais le voici plus vivant que jamais, grâce à une troupe
en costumes de mousse rigide, sortie d'une boîte de Playmobil ou d'un dessin animé. Sur
d'immenses baudruches en forme de nénuphar ou de corail, en voici d'ailleurs un, de dessin
animé, pour nous narrer, superbe moment, les amours de Chloé et Colin. Jean-Sol Partre et son
fan Chick, Nicolas et sa cuisine, Alise et son arrache-coeur : toute la petite ménagerie loufoque
de L'Ecume des jours est là, qui multiplie les cabrioles, avec bruitages en direct ! Puis frappe la
maladie, fatale. En adaptant l'indomptable, Béatrice de La Boulaye a réalisé un rêve et réussi
son coup. C'est un pied de nez multicolore à la mort et à la crise.
L'Écume des jours, de Boris Vian. Théâtre Déjazet, Paris (IIIe).
Jusqu'au 11 avril.
NOTE: BIEN
Les Echos – 23 mars 2009 – Philippe Chevilley
Soirée mousse
Une adaptation pétillante du roman-jazz de l'écrivain, jouée par une jeune troupe prometteuse.
Vian, ça marche encore, cinquante ans après... La preuve au Théâtre Déjazet avec une adaptation
astucieuse de « L'Ecume des jours », roman phare de l'écrivain-musicien disparu en 1959 à l'âge de
trente-neuf ans. Un spectacle monté avec « swing » par Béatrice de la Boulaye et sa compagnie La
Bouée.
Le décor et les costumes volontairement « pauvres » revisitent l'univers clownesque : des gros cubes de
couleurs vives recouverts de plastique, des costumes-panoplies à une face, eux aussi en plastique
(perruques comprises), des sacs transparents gonflables figurant les nuages, la brume et l'univers qui
rétrécit...
Un homme-orchestre assure seul la bande-son - piano (les standards de Duke Ellington rythment le
roman) et bruitages.
Sur le fil
Le spectacle est toujours sur le fil, mais ne tombe jamais dans le théâtre amateur. On est dans le jazz,
dans le « free », sans jamais perdre le rythme. Les trois temps de l'histoire sont marqués avec brio : le
temps des rencontres amoureuses - Colin et Chloé, Chick et Alise... - est traité comme une farce ; le
mariage de Colin et Chloé est célébré par un petit film d'animation « arty » ; la fin tragique - la
séparation de Chick et Alise, la mort de Chloé provoquée par la pousse d'un nénuphar dans son poumon
- est jouée sobrement, sans oripeaux, dans la pénombre.
Le jeu des comédiens est d'une singulière fraîcheur ; on a l'impression d'entendre leur coeur battre et
sauter au rythme des mots de Vian. Romain Vissol, qui interprète Colin, le héros, renouvelle la figure du
jeune premier. Il est à la fois désinvolte et précis, drôle et touchant. Un jeune homme d'aujourd'hui,
brûlant de mille possibles, qu'on espère revoir bientôt embraser d'autres scènes.
Mise en scène : Béatrice de la Boulaye
A Paris, Théâtre Déjazet, jusqu'au 11 avril, tél : 01.48.87.52.55.

Pariscope – 22 mars 2009 – Dimitri Denorme
Il y a de l’astuce et de la loufoquerie dans le travail réalisé par Béatrice de la Boulaye. En empruntant les codes de la bande dessinée, du théâtre d’ombre, du jazz, la jeune metteur en scène défend une intéressante proposition. Au début, tout cela peut paraître brouillon. Mais, très vite, on cède au charme du spectacle. Nous voilà emportés dans un joyeux délire porté par des cubes multicolores, des costumes en carton-pâte, des coulisses à vue et la présence d’un bruiteur inventif : Pierre Gascoin. Dans la première partie du spectacle, tout est joyeusement orchestré et on se régale. Mais la projection d’un film animation au demeurant fort réussi mais un peu longuet vient casser le rythme. Et quand l’oeuvre de Vian devient plus poétique, les limites de la proposition de Béatrice de la Boulaye se dessinent. On est alors moins touchés qu’on ne le souhaiterait… Côté jeu, Romain Vissol, dans le rôle de Colin, est une belle révélation. Il nous fait rire de bon coeur dans la première partie du spectacle et sait se montrer émouvant dans la seconde. A ses côtés, Nicolas Guillot est un truculent cuisinier. Le reste de la troupe ne démérite pas. On peut applaudir le dynamisme et la générosité de ces jeunes comédiens Théâtre Déjazet – Du 3/03/2009 au 11/04/2009

20 Minutes – 25 mars 2009 – Oihana Gabriel
L’Ecume des jours, le roman phare de Boris Vian, avec toute sa poésie et son inventivité, peut donner du fil à retordre aux metteurs en scène. Béatrice de La Boulaye réussit à insuffler à ce spectacle le grain de rêve et de fantaisie nécessaires pour transposer le monde merveilleux de Colin et Chloé. Et sa mise en scène souligne avec second degré les effets théâtraux. On y apprécie les bruitages et musiques sur scène, les décors faits de cubes colorés et de nuages gonflés ainsi que les costumes inventifs. Les acteurs se montrent en revanche plus à l’aise dans l’humour de la première partie que dans l’émotion finale.
De 22 à 27,50 €. Jusqu’au 11 avril, du mardi au samedi à 20 h 30 au Théâtre Déjazet, 41, bd du Temple, 3e. M° République. 01 48 87 52 55.

Figaroscope - 25 Mars 2009 - Nathalie Simon -
Photo : Benoite Fanton / Cit'en scene Crédits photo : Benoite FANTON/CIT'en scene Célibataire « au sourire de bébé », Colin tombe amoureux de la jolie Chloé qui lui rend son amour. Malheureusement, la jeune femme prend froid et l'un de ses poumons est attaqué par un nénuphar. Chick, ingénieur et ami de Colin, et son amie Alise assistent impuissants à la dégradation de sa maladie. Colin, lui, mûrit.
Critique : Voici une façon élégante de célébrer le cinquantenaire de la disparition de Boris Vian. Béatrice de La Boulaye conduit une troupe d'acteurs pleins de vie, qui s'éclatent visiblement sur fond d'airs jazzy entraînants. Le décor de cubes multicolores de Rachel Marcus, les costumes flamboyants, la dramaturgie réfléchie de Judith Davis et le « bar à bruitages » de Pierre Gascoin font renaître un univers fantastique, absurde et pourtant familier.
L'Ecume des jours au Théâtre Déjazet, 41, bd du Temple, (IIIe). T él. : 01 48 87 52 55. Horaires : du mar. au sam. à 20 h 30. Places : de 9 à 25 euros. Durée : 2 heures. Jusqu'au 11 avril, puis en tournée. Gala « Coup de Coeur » – 30 mars 2009 – Nathalie Garcia-Mora L’univers de Boris Vian (mort il y a cinquante ans) est là ! Sa poésie, sa fantaisie, sa musique, sa gravité aussi. Dans une mise en scène résolument contemporaine, sur fond de jazz, se mêlent comédie, tragédie, jeu d’acteurs, film d’animation… Du théâtre ludique, intelligent. Au Déjazet, à Paris, jusqu’au 11 avril. Rés. : 01 48 87 52 55

La Terrasse – 1er Avril – Véronique Hotte
Critique
Le « love story » des ados d’antan porté à la scène par Béatrice de la Boulaye. De la fantaisie et des couleurs, des notes de jazz et de la bonne humeur, un hommage à l’esprit pétillant de Boris Vian.
L’anniversaire du cinquantenaire de la disparition de Boris Vian correspond à la création dramatique de L’Écume des jours par Béatrice de la Boulaye dans l’adaptation scénique de Judith Davis. Au programme, imagination et délire souriant, humour et pianocktail - bar à bruits - , la jeune compagnie de La Bouée ne s’est pas privée des arômes vivifiants qui font le sel tendre et nostalgique de l’Écume des jours. Colin (Romain Vissol) est un jeune homme riche qui vient d’engager Nicolas (Nicolas Guillot), un cuisinier facétieux. Il invite à dîner Chick (Hubert Delattre), un ami ingénieur moins fortuné et passionné de Jeau-Saul Partre. Colin et Chick tombent respectivement amoureux de Chloé (Florencia Cano Lanza) et d’Alise (Manon Jomain), disciple elle aussi du philosophe. Une amie malicieuse du quatuor, Isis (Cindy Doutres), invite la compagnie à une matinée pour l’anniversaire de son caniche. Voilà le ton donné de la légèreté et des jeux de langage, avec l’allusion par exemple à « un kilog de café belge » dans l’échange de cuisinier négocié par Colin avec sa tante. Ces jeunes gens ont tout pour être heureux – le mariage de Chloé et Colin est filmé - mais l’existence en a décidé autrement.
La matière imaginaire, marine et résiduelle, flotte sur le plateau Chloé souffre d’un mal étrange, un nénuphar sur le poumon, et Chick s’enferme dans sa passion pour les conférences de son icône intellectuelle. Les êtres sont soumis à des forces extérieures incontrôlables. Vian traduit poétiquement l’arbitraire de la destinée humaine : tout peut arriver qui enraye le bon déroulement des heures et des jours en fuite. Symbole de l’éphémère, l’écume est ce qui reste du temps écoulé et de ses anecdotes sans valeur. À travers la scénographie de Rachel Marcus, la matière imaginaire, marine et résiduelle, flotte sur le plateau de théâtre grâce à un voile plastique transparent qui se gonfle et envahit l’espace à seule fin de s’envoler après avoir étouffé la vie. À la fois nuage, vague ou poumon malade, un souffle juvénile prend symboliquement du volume, enfle et disparaît. Les acteurs animent l’espace avec brio, tout à tour narrateurs et personnages de la fable, affublés de costumes clownesques en carton rigide couleur de friandises acidulées. À leur côté, le bruiteur musicien Pierre Gascoin manipule son bar à bruits, et débouche bruyamment les bouteilles quand le Sauternes coule dans les verres. Le décor de jardin d’enfants s’amuse de l’effervescence et de la nonchalance apparente des propos. Une géométrie ludique dessine des modules cubiques de toutes dimensions, recouverts de mousse colorée qui scratche quand on la retire. Papier carton ou plastique, les lambeaux de l’existence se déchirent bien vite. Ce spectacle inventif, malgré quelques longueurs, prouve la compensation possible du vide, en jouant intelligemment.
L’Écume des jours de Boris Vian, mise en scène de Béatrice de la Boulaye, du mardi au samedi à 20h30, relâches dimanche et lundi jusqu’au 11 avril 2009 au Théâtre Dejazet, 41, boulevard du Temple 75003 Paris Tél : 01 48 87 52 55

PARIS MATCH – 2 avril 2009 – Gilles Costaz
LA TRADITION, C’EST LA MODERNITE !
Sacha Guitry, Marcel Pagnol et Boris Vian tiennent le haut de l’affiche. Et s’ils étaient toujours d’avant-garde ? (…)
Et Boris Vian, pour finir ? On fête le cinquantenaire de sa mort, de ce jour terrible où son coeur essoufflé par le jazz des folies et des tourments cessa de fonctionner avec 39 ans au compteur. Tous les jeunes lisent ses livres et écoutent ses chansons. Mais on ne monte plus ses pièces qui sont pourtant de petites bombes aussi antimilitaristes que les paroles du « Déserteur » ou « On n’est pas là pour se faire engueuler ». La jeune compagnie La Bouée a préféré adapter au théâtre le roman « L’écume des jours ». On la comprend car la destinée du jeune Colin qui passe de l’insouciance à l’amour et à la crainte d’être privé de son amour est exemplaire par la justesse de ses sentiments et ses dérapages oniriques. La Metteur en scène, Béatrice de la Boulaye, lâche six acteurs et un pianiste-bruiteur dans un décor de grands cubes de couleur où une énorme bulle de plastique va pousser les comédiens dans une danse de vie et de mort. Ces interprètes, plutôt frêles, sont peu à peu emportés par la démence généreuse de la mise en scène. Trop tôt usé, Boris Vian est, lui aussi, un auteur inusable.
(Article avec photo)
FNAC « Par ici les sorties » - Février-Mars 2009 20000 exemplaires Présentation du spectacle avec visuel.
Figaro Magazine – 4 Avril 2009 – Philippe Tesson A paraître
L’Humanité – Avril 2009 – Jean-Pierre Léonardini A paraître
Le Nouvel Observateur – Avril 2009 – Jacques Nerson A paraître

SITES INTERNET
Froggy Delight – 8 mars 2009 – Nicolas Arnstam
Comédie dramatique adaptée du roman éponyme de Boris Vian, mise en scène de Béatrice de La Boulaye, avec Romain Vissol, Florencia Cano Lanza, Hubert Delattre, Manon Jomain, Nicolas Guillot, Cindy Doutres et Pierre Gascoin.
Adapter le célébrissime roman de Boris Vian n’est pas une mince affaire tant il possède sa propre poésie et un style difficilement transposable sur une scène de théâtre.  Optant pour un ton résolument décalé, la jeune metteure en scène Béatrice de La Boulaye a choisi d’utiliser plusieurs espaces scéniques visibles : celui du jeu, mais aussi ceux de l’envers du décor qui prolongent l’espace de l’action : le côté "vestiaire" où se tiennent les comédiens qui sont hors-scène et d'où est lue l'histoire, et la "machine à bruits" qui participe au côté loufoque.
C’est en effet sur le mode ludique qu’est présentée cette adaptation avec un décor très "salle de jeu pour enfants" et des comédiens tour à tour narrateurs, acteurs ou improvisateurs. L’ensemble, qui peut au premier abord sembler un peu brouillon et s’apparenter plus au divertissement d’une bande de potaches, finit pourtant par convaincre et fonctionne. La distribution est dominée par la prestation de Romain Vissol (dans le rôle de Colin), excellent, qui porte à lui seul une bonne partie du spectacle en étant aussi réjouissant et singulier dans les passages de comédie que lors de la fin dramatique où il est réellement émouvant. Il semble promis à un bel avenir. On remarquera aussi Nicolas Guillot, savoureux d’humour dans le rôle de Nicolas le cuisinier et Cindy Doutres, aux différents personnages extravagants réussis.
Evoluant dans des décors et costumes extraordinaires (bravo à Rachel Marcus pour la scénographie et à Annick Baudelin pour le stylisme), la jeune troupe, jouant une désinvolture manifeste, n’est finalement peut-être pas si loin de l’esprit de Vian… Toute l’équipe s’amuse et fait du roman une belle féerie, légère et absurde que ne renierait sans doute pas le grand Boris.

Webthea – 8 mars 2009 – Dominique Darzacq
Touche-à-tout impertinent, ingénieur passionné de mathématiques, poète, parolier et bien d’autres choses encore, Boris Vian, qui signait, selon l’humeur et le genre, Sullivan, est mort à 37 ans, sans prendre le temps de vieillir, mais en menant de multiples vies. C’était il y a tout juste cinquante ans, en 1959. Un cinquantenaire célébré, heureusement sans bandelettes momifiantes, avec L’Ecume des jours par la Compagnie de la Bouée, une jeune équipe basée à l’île de Ré. Le spectacle s’emploie à retrouver l’insolence et l’esprit fantasque et potache d’un Boris Vian surréaliste, qui aimait s’encanailler dans les boîtes de jazz où « sa trompinette » faisait merveille. Membre du collège de pataphysique, il savait comme personne faire sérieusement les choses légères et légèrement les choses sérieuses.
Tout comme L’Arrache-coeur, L’Ecume des jours fit entrer Boris Vian au Panthéon littéraire de générations successives d’adolescents qui se retrouvaient dans une oeuvre poignante et drôle qui parle de l’amour absolu, et dont les héros tentent de s’affranchir des normes. Ce conte fantastique, dans lequel on se gave autant de la lecture de Jean-Sol Partre que de pâté d’anguille pêchée dans le lavabo et où la mort prend la forme d’un nénuphar, semble aujourd’hui plus poétique que subversif. Ce qui y palpite de douleur et de grâce ne se laisse pas si facilement apprivoiser par la scène en dépit de l’adaptation astucieuse de la jeune metteuse en scène Béatrice de la Boulaye, d’un bruiteur inventif et de l’énergie enthousiaste et agile de sa troupe d’acteurs qui passent de la narration au jeu avec la dextérité des enfants qui jouent au square et enfilent leurs costumes comme on se déguise. Pour nous rendre l’insolite de l’univers de Vian, la mise en scène qui marionnettise les personnages, fait des clins d’oeil au jazz, à la bande dessinée, au théâtre d’ombres, au bricolage qui donne au spectacle un petit air foutraque et mal ficelé. En dépit des légères scories qui n’ôtent rien au rire et au plaisir, ces deux spectacles ont le mérite de nous rappeler que Vian avait l’art de faire pousser, entre les mots, le cinglant de la révolte. Par ces temps de pensée unique et de formatage généralisé, c’est faire oeuvre salutaire.
L’Ecume des jours de Boris Vian. Adaptation et mise en scène Béatrice de La Boulaye, avec Florencia Cano Lanza, Hubert Delattre, Cindy Dautres, Romain Vissol, Nicolas Guillot, Manon Jomain, Pierre Gascoin 1h30
Théâtre Déjazet jusqu’au 11 avril tel 01 48 87 52 55.

Visioscène – 20 mars 2009 – François Varlin Ecumoire bienfaisante !
Loufoque et chamarrée, cette lecture du roman culte de Boris Vian redonne vie à un texte trop souvent cantonné dans les manuels des lycéens. Un bel univers. On voit tout. Un dispositif scénique coloré fait de cubes de différentes hauteurs, recouverts d’une matière plastique genre tapis mousse, flanqués à cour et à jardin d’un vestiaire pour les plus improbables costumes et d’un atelier complexe de bruitage. J’oubliais aussi la table avec le texte. LE texte de Boris Vian que se refilent tour à tour les comédiens lecteurs, tels des gardiens religieux d’une relique. Ici, on vénère l’auteur ; la folie de la mise en scène est à l’avenant de la poésie de son oeuvre à tiroirs.
Béatrice de la Boulaye a donc choisi de ne rien cacher au public : l’illustration sonore des propos comme les changements de costumes à vue. Les costumes, justement. Une matière à surprise habille les protagonistes : coiffures, perruques, accessoires géants, robes et costards sont taillés dans ce fameux Plastazote® et produisent d’amusants effets, un peu comme ces décors à trous dans lesquels on passe la tête pour se faire photographier. Il y a tant à voir et à écouter que l’on se sent un peu perdu, flottant dans une histoire d’amour elle-même déjà suffisamment décousue. Mais un univers épousant l’autre, les objets détournés nous émerveillent, un dessin animé astucieusement projeté sur un nuage gonflable fait rire, les personnages transformés en pantins s’agitent : tout nous emporte dans un rêve. Côté comédiens, c’est la découverte d’une compagnie jeune, bourrée de talent, que domine l’excellent Nicolas Guillot dont on remarque la qualité de la formation par la diction et la précision de jeu.
L’oeuvre de Vian, un peu soupe trop épaisse – avouons-le – passée au crible de l’écumoire bienfaisante de Béatrice de la Boulaye, prend un fort bon goût de bouillon.
De Boris Vian. Mise en scène : Béatrice de la Boulaye. Avec : Florencia Cano Lanza, Romain Vissol, Nicolas Guillot, Hubert Delattre...

Le JDD.fr – 21 mars 2009 – Alexis Campion - **
Fidèle à l'humour et à l'imaginaire de Boris Vian, voici donc L'Ecume des jours - le fameux roman de la fin de l'insouciance - sur les planches. On y retrouve, comme il se doit, une troupe d'acteurs pétulants, une atmosphère ludique un poil désuète et zazoue. De l'absurde, du Saint-Germain, une louche de jazz. Et même un détour - surprenant mais trop long - en dessin animé. L'adaptation est de Judith Davis, philosophe par ailleurs actrice dans le film Je te mangerais, actuellement en salles. De même, la mise en scène est celle d'une nouvelle signature, Béatrice de La Boulaye, qui suggère la théâtralisation en misant sur une scénographie astucieuse, divisée en deux espaces. Elle peut aussi compter sur le piano et les bruitages de l'épatant Pierre Gascoin, des acteurs tous prometteurs et assez volontaires pour ne pas se laisser écraser par les artifices du décor et des costumes, résolument criards et grotesques.
Théâtre Déjazet, 41, bd du Temple, Paris 3°. Tél. 01 48 87 97 34. Jusqu'au 11 avril.

La Péniche.net (Science Po) – 31 Mars 2009 – Marion Bruley
Il est des anniversaires que nous ne devrions jamais oublier. Parmi ceux-ci, celui du cinquantenaire de la mort de
Boris Vian. Cinquante ans en effet que ce chantre de l’absurde et de l’innocence éternelle, ultime réconciliateur de
thèmes à jamais inconciliables, est succombé d’une crise cardiaque en assistant, désespéré, à la première de l’adaptation cinématographique de son roman J’irai cracher sur vos tombes . Sa mort à elle seule suffirait à  justifier le mythe de cet homme brillant et imprévisible. Mais ce serait ne pas lui rendre justice, car son oeuvre, vent condamnée par son temps, a su traverser les époques. Elle a parlé, et parle encore, à des générations d’idéalistes cyniques, de jeunes révoltés ou résignés mais toujours sensibles et rêveurs. Pour vous mettre en jambe, écoutez cette petite merveille musicale ironique et tendancieuse à souhait: Fais-moi mal Johnny! Boris Vian s’accroche à l’imaginaire, mais livre dans son oeuvre une vérité bien plus grande et touchante que de nombreux auteurs réalistes. C’est le cri d’une génération snob et hautaine qui pourtant ne veut pas renoncer à ses rêves. Ou comment concilier l’inconciliable... Dans son roman L’Ecume des jours, sont rassemblés tous les éléments fondamentaux de sa vie : le jazz, l’amour, la mort, la maladie, le travail, de nouveau le jazz… C’est la raison pour laquelle Béatrice de la Boulaye et son Jazz Band Théâtral ont décidé d’adapter pour la première fois au théâtre ce célèbre roman de Boris Vian.
Sur scène, une construction de cubes de couleurs. À droite, le laboratoire du son où l’un des acteurs interprète tour à tour Chloé de Duke Ellington ou la gentille petite souris grise colocataire de Colin (à l’aide d’un tableau de jeu pour enfant). À gauche, le vestiaire où se pressent les multiples costumes loufoques utilisés lors du spectacle.
Deux actes plus ou moins bien définis composent cette pièce. Dans le premier, où se noue l’histoire d’amour entre Colin et Chloé, c’est toute la magie et l’atmosphère presque enfantine du roman de Boris Vian qui sont parfaitement illustrées. Les acteurs s’interpellent, commentent le succès de leurs plaisanteries auprès du public. Les vêtements sont démesurés, rigides, et donnent ainsi aux acteurs des attitudes empotées et affectées dignes d’un dessin animé. Dans le deuxième, la scène en décrépitude est peu à peu envahie par un énorme nuage de plastique, les tapis de couleur recouvrant les cubes sont arrachés un à un. Dans le roman, les murs se rapprochent, les pièces rétrécissent et s’assombrissent. Au théâtre, l’atmosphère se fait de plus en plus oppressante et, compatissant avec la douleur de Chloé, le public peine à respirer. C’est là l’une des grandes réussites de cette mise en scène : Béatrice de la Boulaye et son équipe sont parvenus à concrétiser dans un espace tangible, les impressions dont   est empreint le texte. L’ironie absurde du début comme l’étouffement humide dans lequel se conclut le roman. La plupart des thèmes développés par Boris Vian sont repris sur scène, en particulier celui du travail et de son non-sens. « Pourquoi les gens travaillent-ils ? Pour oublier qu’ils seraient plus heureux s’ils ne travaillaient pas! » La voix du cynique jeune comme de bonne famille élevé entre un père rentier et une mère surprotectrice se conjugue à celle de l’idéaliste forcené nous racontant l’hypothétique bonheur de vivre d’amour et d’eau fraîche dans un appartement où règnent le soleil et les souris. Le travail est ici présenté comme un monde hostile où n’est possible aucun épanouissement personnel. Sur scène, le ton se fait agressif, porté par de grands mégaphones qui rappellent ceux des usines. Si le spectacle est enthousiasmant, il donne peu de place au jeu des acteurs. En effet, ceux-ci ont tendance à se reposer sur une mise en scène aux nombreuses fioritures qui ne les pousse pas à se mettre en danger dans leur interprétation. Pourtant, L’Ecume des jours au théâtre demeure un joli succès où s’expriment toutes les angoisses, la joie de vivre et la complicité de jeunes comédiens malicieux. Et pour finir avec un grand classique: le Déserteur. (Article avec photos) Théatrorama – 1er avril 2009 – Benjamin Goldenberg A paraître
Paris Sur Scène – avril 2009 – François Berry A paraître